AU PEUPLE SYRIEN DE DECIDER, PAS D’INTERVENTION ETRANGERE

La guerre civile qui se déchaîne en Syrie risque d’embraser toute la région dans une aventure meurtrière dont les conséquences seront catastrophiques sur les plans humain, écologique et économique. Car il apparaît de plus en plus clairement qu’à l’aspiration bien légitime de la population à la démocratie face à un régime autocratique se substituent des intérêts politiques, religieux et géostratégiques bien éloignés de cette aspiration.

Déjà le conflit s’étend au nord du Liban où des factions rivales s’entredéchirent. Des puissances régionales, s’immiscent dans le conflit en armant et finançant les groupes armés qui n’ont aucune légitimité auprès d’une grande partie de la population syrienne. Par ailleurs, il serait nécessaire d'être plus que suspicieux sur l'attitude du Qatar, de l'Arabie saoudite et du Bahreïn qui soutiennent publiquement ces groupes dissidents au régime syrien au motif qu'ils défendent la démocratie et les droits de l'Homme. Rappelons que le Bahreïn a réprimé ses opposants dans l’indifférence totale des va-t-en guerre Sarkozy et autre Cameron. La Turquie, qui emprisonne ses syndicalistes, provoque le régime syrien en violant son espace aérien avec des avions de chasses et fait appel à l’OTAN, cherchant ainsi à déclencher un conflit armé.

La France, l’Angleterre les Etats Unis se permettent également une ingérence au mépris du drot international. En France, François Hollande et son ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius reprennent les mêmes logiques belliqueuses de leurs prédécesseurs et préconisent ouvertement une intervention militaire dont l’étape suivante risque de conduire à une intervention contre l’Iran, préparée de longue date par Israël. La Belgique n’a rien à « envier » à ses partenaires. En effet, l’attitude ultra-belliciste de Didier Reynders, ou les prises de positions interventionnistes de certains représentants de la « gauche » (PS et Ecolo) montrent que l’idée d’une intervention ne rebute pas nos gouvernants.

Pour le Parti Communiste, une intervention militaire occidentale supplémentaire dans cette région ne pourrait qu’entraîner une escalade aux conséquences dramatiques pour les populations qui y vivent, mais aussi pour l’Europe et la planète tout entière. Le résultat des interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye est plus proche d'une quasi-guerre tribale et religieuse dans ces pays que d'une situation où règne la paix et la démocratie.

Le Parti Communiste s’inscrira dans toute manifestation exigeant une solution politique en lieu et place d’une escalade militaire.

Communiqué du Comité central du Parti communiste. 30/06/2012

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