Nice : au-delà de la terreur et de la douleur, les responsabilités

 

La barbarie terroriste qui s'est encore exprimée à Nice mérite bien plus que des condoléances et nous exprimons notre évidente compassion et notre plus sincère solidarité pour tant de drames humains que cette barbarie provoque.  Elle exige aussi de préciser et de dénoncer les responsabilités. Après le Bataclan, après Zaventem et Maelbeek, Nice n'est que la dernière manifestation d'une série de crimes qui ne semble pas vouée à s'arrêter, bien au contraire. Ce crime a eu lieu, à la manière d'une sanglante réplique, le jour même où le Président français annonçait qu'il allait impliquer davantage son pays dans les guerres en Irak, en Syrie et ailleurs.

 

C'est justement dans la grave irresponsabilité des dirigeants occidentaux et la complicité de grands médias à leur botte que se trouve une large partie des causes des vagues de terreur que nous subissons. Sous prétexte de motivations humanitaires, qui cachent en réalité des ignobles appétits géopolitiques, Messieurs Bush, Blair et Barroso ont commencé par déstabiliser l'Irak et faire de ce pays une source permanente de vocations terroristes et de guerres religieuses. Non contents de cet "exploit", l'aventure guerrière a continué en Lybie avec Sarkozy, Obama et Cameron comme principaux protagonistes et maintenant elle persiste en Syrie avec François Hollande, Erdogan et leurs alliés du Golfe.

 

 

Ces comportements aventuriers n'auraient pas eu l’acquiescement des populations s'ils n'avaient été épaulés par des gigantesques campagnes médiatiques de diabolisation des dirigeants de ces pays.  Ainsi, les présidents Saddam Hussein, Kadhafi et Assad ont été présentés, souvent par une propagande remplie de mensonges, de manière à les évincer du pouvoir et ce, non pas parce qu'ils étaient, personne le conteste, des dictateurs, mais parce qu'ils n'étaient pas assez dociles vis-à-vis des ambitions des va-t-en-guerre "humanitaires". Par ailleurs, ces campagnes ne pouvaient que susciter chez la population d'origine immigrée, en particulier chez leurs jeunes, l'envie de se battre contre des gouvernements ainsi satanisés par les média. Difficile alors de ne pas récolter de la terreur après avoir cultivé tellement de haine.

 

Face à la grave situation sécuritaire qui est en train de se créer, le Parti communiste exige de notre gouvernement

  • qu'il arrête sa politique de suivisme vis-à-vis des diktats du Pentagone et de l'Otan;
  • qu'il arrête ses expéditions militaires;
  • qu'il arrête d'utiliser le prétexte du terrorisme pour amputer les libertés syndicales, de réunion et d'expression ;
  • et qu'il change radicalement sa politique extérieure pour qu'il devienne enfin indépendant en commençant, concrètement, par rétablir des relations normales avec la Syrie pays cible, entre tous, des barbares qui ont ensanglanté Nice.

 

Bruxelles, 17/07/2016

 

Le Bureau Politique du Parti Comuniste

 

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