Espagne. Le déficit public s'inscrit dans la Constitution

Les derniers jours d'août, le Premier ministre espagnol Monsieur Zapatero a annoncé la proposition de modifier la Constitution de façon à introduire une limite obligatoire au déficit public. Elle a été approuvée, dans l'urgence et sans débat public, le 3 septembre au Congrès et le 7 septembre au Sénat, avec les votes des deux principaux partis politiques, socialiste (PSOE) et conservateur (PP). Cette réforme constitutionnelle a été dénoncée par les syndicats, par le Mouvement de 15 Mai et par la Gauche Unie, entre autres, comme un réel coup d'état antidémocratique apte à détruire l'Etat providence.

 Il semble que l'"ordre" soit venu des institutions européennes, de façon à "satisfaire" les désirs des "marchés" financiers avant les élections générales anticipées qui ont eu lieu le 20 novembre dernier et ainsi d'éviter un débat public sur le sujet.

La réponse a été immédiate sous forme de grandes manifestations partout en Espagne demandant aux principaux syndicats, au Mouvement du 15 Mai et à la Gauche Unie, un référendum de manière à avoir un débat public et aussi l'occasion d'exprimer la volonté de la société sur cette question importante.

C'est la première fois, depuis son approbation en 1978, que la Constitution espagnole subit une modification. La proposition concrète sur l'article n°135 est que le budget public n'aura jamais un déficit supérieur à 0,35% du PIB à partir de 2015.

Le Coordinateur Général de la Gauche Unie, Cayo Lara, a été très critique sur la réforme déclarant qu'ainsi "l'idéologie néolibérale a été introduite au cœur de la Constitution espagnole qui, jusqu'à présent, a toujours été neutre de ce point de vue des modèles économiques".

Nous (Gauche Unie et Parti Communiste Espagnol) demandons un référendum sur cette question qui puisse donner la parole à des millions de personnes affectées par la crise. Il faut rappeler que, en Espagne, nous souffrons d'une situation de chômage affectant près de 5 millions de travailleurs et que cela signifie plus de 21% de la main d'œuvre disponible. Des mesures ont déjà été prises sabrant dans les budgets, dans les régions gouvernées par les conservateurs, affectant le système d'Education ainsi que le système de la santé, avec, comme réponse spontanée des syndicats et de la société, d'importantes manifestations.


(Pedro Marset, Parti communiste espagnol)
(Traduction: Jean – PCWB)

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