Privilégier la voie diplomatique et préserver nos droits et libertés !

Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage (Jean Jaurès)

Une semaine après les attentats criminels de Paris et quelques jours après la sanglante prise d’otages de Bamako (Mali), la tension reste à ce point élevée que le niveau d’alerte est rehaussé à Bruxelles depuis samedi pour « parer à une menace imminente ».

Face à la menace terroriste, il importe évidemment de prendre toutes mesures nécessaires pour protéger la population. La gravité de la situation ne doit cependant pas empêcher la réflexion politique tant sur les causes de cet état que sur la manière belliqueuse qui a été choisie pour gérer la crise. Jaurès disait aussi qu’on ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre.

Des remèdes pires que le mal.

Les responsabilités occidentales dans la déstabilisation de ce Moyen-Orient tellement fragile doivent être rappelées : que ce soient celles des USA et de George W Buch, le menteur, en Afghanistan et en Irak ; que ce soient celles de Sarkosy et de Cameron en Libye ; que ce soient celles d’Obama, de Hollande et Cie en Syrie… A cela, on peut ajouter leur complaisance coupable vis-à-vis de la politique colonialiste d’Israël dans les territoires palestiniens ou bien encore leur hypocrisie à l’égard des pétromonarchies arabes. Les droits de l’Homme et de la Femme pèsent bien peu par rapport au baril de pétrole et au business des armes. Partout les logiques de guerre encouragées par l’OTAN ont eu pour conséquences la prolifération des armes et le renforcement des djihadistes.
De nombreux spécialistes en stratégie militaire considèrent que 1° le terrorisme ne sera pas vaincu par des actions militaires ; 2° les bombardements n’ont d’autres effets que de massacrer des milliers de civils innocents et d’engendrer les monstres que les occidentaux prétendent combattre.
Il importe donc que cesse rapidement ce processus belliqueux infernal et que la politique, la diplomatie et la coopération dans l’intérêt prioritaire des peuples viennent enfin à l’avant-plan des relations avec le Moyen-Orient.

Combattre les inégalités et l’austérité mortifères.

Ainsi donc, selon les dirigeants européens tels François Hollande, pour justifier l’effort de guerre qui aggravera immanquablement les déficits budgétaires, « le pacte de sécurité prévaut sur le pacte de stabilité », ce dernier entendant réduire les déficits par des compressions budgétaires dans le secteur social, les services publics, la santé… Le gouvernement Michel ne dit pas autre chose, lui qui sabre à tour de bras dans tous les budgets utiles à la population, démantèle les services publics, exclut les chômeurs… Motus et bouche cousue à la Commission européenne et de tous ceux qui ont refusé de donner au gouvernement grec les moyens de mener la politique de lutte contre la crise humanitaire pour laquelle il avait été démocratiquement élu. Si c’est pour éviter des morts, nos gouvernants doivent savoir que la misère entraine aussi son lot de victimes.
Il serait inacceptable que ces dépenses d’armements consenties ne soient le prétexte à de nouveaux sacrifices pour les travailleurs et leurs familles ou encore pour laisser la misère les plus démunis s’aggraver. Les travailleurs ont entièrement raison de poursuivre leurs actions. Pas de trêve sociale avec les va-t-en guerre du gouvernement !

Pas de Patriot act chez nous !

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, entend-on dire. Certes la brutalité et la détermination aveugle des terroristes nécessitent des moyens de prévention rigoureux pour protéger la population. Elle les réclame et elle y a droit. Toutefois, il ne peut être question de profiter de cette situation exceptionnelle pour restreindre les libertés démocratiques et particulièrement les libertés syndicales. Ce n’est pas faire un procès d’intention au gouvernement Michel de le souligner car nombreuses sont les voix au sein de la majorité qui se sont prononcées ces derniers mois pour limiter certains droits , comme le droit de grève. La lutte contre le terrorisme ne peut en aucun cas justifier la mise en application des menaces d’un Bart De Wever ou Jan Jambon.

Enfin, plus que jamais, le dialogue avec la population musulmane doit être privilégié à la stigmatisation xénophobe. De même, le droit d’asile doit rester un droit absolu.

Bruxelles, 21 novembre 2015.

Le Comité central du Parti Communiste Wallonie-Bruxelles

 

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