Contre les violences urbaines, s'attaquer aux causes sociales

 

Tout en dénonçant les violences exercées contre les biens et les personnes par une jeunesse désorientée, abandonnée et continuellement manipulée, le Parti Communiste estime que ces événements tragiques sont indissociables de la crise sociale.

 

 

 

Dans une ville qui se dit capitale de l'Europe, 37% de la population vit sous le seuil de pauvreté et certaines communes comme Saint Josse et Molenbeek affichent des taux de chômage de 33% et des revenus annuels moyens qui se limitent à 7000 euros par habitant, des chiffres indissociables de la mise à sac du tissu industriel bruxellois.

 

 

 

Dans ce contexte, il n'est pas étonnant qu'à la veille des fêtes de fin d'année, face à un appel au consumérisme lancé par une débauche de publicité, ceux qui doivent se limiter à regarder les étalages soient tentés de casser les vitrines.

 

 

 

Le PC dénonce les allusions de certains politiciens NVA/MR sur les origines étrangères des émeutiers qui ne peuvent qu'attiser les tensions entre communautés.

 

Le PC dénonce les propos électoralistes qui spéculent sur la nécessité de renforcer la police, la répression ou l'instauration d'une tolérance zéro, lesquelles participent à une instrumentalisation des faits divers et du terrorisme sur le thème sécuritaire de plus en plus associée à la criminalisation des luttes sociales.

 

 

 

 

Le PC constate qu'apparemment, dans une ville placée sous état d'urgence, la présence de soldats armés dans les rues n'a pas découragé les émeutes dont certaines répondaient à l'appel d'une star du Web. Sur ce point il est troublant de constater que ce pouvoir si prompt à renforcer la répression est incapable de prendre des mesures contre les effets indésirables des réseaux sociaux utilisés par des meneurs et autres gourous malfaisants dont les méfaits sur toute la jeunesse ne sont plus à démontrer. Pour le PC il est tout aussi troublant de constater qu'à l'occasion des émeutes du 11 novembre, après une courte intervention des autopompes, la police a mis une heure avant d'intervenir sans procéder à aucune arrestation. Pourtant à l'occasion de la manifestation du 25 contre l’esclavagisme, 60 personnes ont été appréhendées sans ménagements. Le 2 avril 2016, lors d'un rassemblement de commémoration des victimes des attentats devant la bourse, la police avait arrêté 75 manifestants pacifiques dont le président de la Ligue des Droit de l’Homme Alexis Deswaef.

 

Deux semaines plus tôt, la même police avait laissé 500 fascistes manifester tranquillement leurs bas instincts de la Gare du Nord à la Bourse.

 

Les 15 manifestants de la FGTB qui ont bloqué l'autoroute en octobre 2015 ont été inculpés et sont en attente d'une condamnation.

 

 

 

Pour les communistes, ce comportement récurrent et partial du pouvoir et des forces de l’ordre n’est pas à mettre au compte d’un officier de police mais bien d’une volonté politique destinée à justifier des mesures de plus en plus antidémocratiques. Le PC y voit la volonté politique d’un MR qui n'a pas hésité à oublier ses promesses à l'électorat francophone pour permettre à la NVA d’entrer au gouvernement afin d'occuper la majorité des postes régaliens et de transformer la Belgique en état fort.

 

À ceux qui ne voient de solution que dans la répression, le PC rappelle les événements d’août 2011 en Angleterre. Dans ce pays gravement sinistré sur le plan social par les recettes du libéralisme Thatchérien et le démantèlement des services publics si chers au duo MR/NVA, la mort d'un dealer abattu par la police allait susciter la colère d'une jeunesse laissée pour compte. Cette colère allait générer des émeutes dans 9 villes importantes qui s'étaient soldées par des destructions considérables assorties de cinq morts, de centaines de blessés dont 186 policiers. En France dans des banlieues où les taux de chômage atteignent parfois 75%, la police est impuissante à juguler les trafics et la violence. Ce qui se passe ailleurs se produit donc chez nous.

 

En conclusion, considérant que la problématique bruxelloise se rencontre également dans d'autres villes du pays, le PC considère qu’au-delà des mesures de simple police, il faut résoudre les causes fondamentales de ces problèmes situées dans une inquiétante extension de la pauvreté et du chômage face auquel les discours répressifs et sécuritaires ne sont que de la pure démagogie.

 

 

 

Le 1er décembre novembre 2017

 

 Le Bureau Politique du PC

 

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