Etendre le mouvement des Gilets Jaunes à tous les travailleurs dans une perspective révolutionnaire

Depuis près de trois semaines, des milliers de travailleurs de France et de Belgique prennent part au mouvement des « Gilets jaunes » avec des actions de blocage et des manifestations. La contestation s’est d’abord dirigée contre l’augmentation des taxes, notamment liée aux carburants. Parmi les premières revendications, certaines ont pris un caractère réactionnaire que nous dénonçons, contre certaines prestations sociales et l’impôt (qui permet la redistribution). C’est la conséquence d’un mouvement spontané et désordonné.

Ne pas se tromper d’ennemi

Cependant la prise de conscience toujours plus large de la paupérisation de la majorité des travailleurs, que révèle ce mouvement, a amené de nombreux Gilets Jaunes à porter des revendications majoritairement en faveur du pouvoir d’achat et pour plus de justice sociale et fiscale. L’insuffisance des réactions syndicales et le piège de la « concertation » ont certainement conduit à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

Il est en tout cas clair que la colère des travailleurs est tout à fait légitime face à une fiscalité injuste et régressive qu’ils subissent et observent au quotidien. Pendant ce temps, les vrais responsables de la crise que nous vivons bénéficient des largesses de l’État et l’écart entre les plus riches et le reste de la population ne cesse de grandir. Faut-il rappeler les 220 milliards d’euros d’évasion fiscale en 2017 qui ont causé une perte de 60 milliards d’impôts. Cette fiscalité injuste est le fruit d’une politique du gouvernement fédéral (tous partis confondus) depuis des décennies qui favorise le capital, en supprimant des tranches d’impôt progressif, en mettant en place les intérêts notionnels ou en pratiquant plusieurs Déclarations Libératoires Uniques (DLU), tandis que la TVA, la taxe la plus injuste qui puisse exister, a augmenté sur des produits de première nécessité comme l’électricité. De même, le gouvernement de droite MR/N-VA/CD&V et OpenVLD a trompé les travailleurs au moyen du Tax Shift. Grâce à ce mécanisme arnaqueur, il transférait soi-disant les cotisations sociales (qui font partie de notre salaire et ne sont nullement des charges) en salaire poche que nous n’avons jamais vu. Ce gouvernement a en plus exercé un saut d’index, pénalisant les plus pauvres d’entre nous.

Le système capitaliste cherchera toujours à tromper la classe ouvrière en lui promettant des choses qu’il ne donnera jamais et en lui faisant croire qu’elle fait partie des classes moyennes. L’ensemble des travailleurs doivent prendre et prennent conscience qu’ils sont exploités et les « classes moyennes » sont un mythe.

Il est désormais nécessaire que la colère des travailleurs se retourne contre leur vrai ennemi : le capitalisme et contre toutes les institutions impérialistes qui mènent une politique d’agression contre les droits des travailleurs et en particulier contre l’Union Européenne qui sert à coordonner les politiques de la bourgeoisie au niveau européen.

L’extrême-droite a tenté de récupérer cette colère exprimée par les Gilets Jaunes qui doivent nettoyer leurs rangs et la chasser de leur mouvement populaire. Le but de l’infiltration brune, restée minoritaire face à la masse des travailleurs dans le mouvement, visait à discréditer le mouvement et à empêcher un soutien d’une large partie de la population. L’extrême-droite n’est jamais que l’autre face du capitalisme qui sert de repoussoir quand les masses se rebellent.

Le pouvoir prend désormais peur et pousse à la radicalisation du mouvement au moyen de provocations et infiltrations policières pour discréditer le mouvement. Fatale erreur, il oublie que c’est dans les moments de violence que la société a évolué dans le passé et que dans un tas de pays la bourgeoisie a même perdu le pouvoir. La violence observée ces derniers jours n’est évidemment en rien comparable à celle que la classe ouvrière subit : les travailleurs sont excédés par de plus en plus d’exploitation, ce système impitoyable cause des milliers de suicides, de morts par manque de soins ou de chauffage, engendre d’innombrables SDF et répand la misère et la guerre partout dans le monde, sans parler de l’épuisement de la nature par la recherche sans fin du profit maximum. Le PCB se refuse à condamner la « violence » des travailleurs révoltés.

Converger d’urgence

Face à la situation, le Parti Communiste de Belgique appelle à la convergence urgente des luttes, gilets jaunes, gilets rouges, gilets verts et bleus, tous ensemble avec un plan d’actions radicales pour faire reculer les politiques antipopulaires des gouvernements nationaux et de l’Union européenne. Le PCB appelle ainsi les travailleurs à participer activement aux mouvements en cours, aux piquets des Gilets Jaunes, et massivement aux actions syndicales du 14 décembre en poussant à la grève générale interprofessionnelle illimitée et en portant à chaque fois la revendication claire de la nécessité du socialisme, afin que le blocage des rues s'accompagne du blocage du profit capitaliste.

Le PCB appuiera toutes les revendications d'augmentation des salaires et allocations, de revalorisation des pensions, de la reconstruction des Services Publics et d'une remise à niveau de la protection sociale, de création d’un impôt sur la fortune, du rétablissement des tranches d’imposition supprimées par Reynders, et de nationalisation des secteurs clés de l’économie (dont le pétrolier). C’est tous ensemble, employés, précaires, chômeurs, ouvriers, femmes, jeunes et immigrés que nous changerons les choses dans une lutte pour le socialisme qui seul pourra libérer les travailleurs de la servitude.

Le Bureau Politique du PCB

Bruxelles le 3 décembre 2018

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Hommage à Maurice Magis

Le Bureau Politique du PCB a pris connaissance du décès de M Magis, descendant d'une famille de militants du Parti Communiste du pays noir. Son grand père Alexis participa aux luttes du mouvement ouvrier au sein des Chevaliers du travail. Son père fut conseiller communal, échevin de la culture de Dampremy et conseiller provincial du Hainaut.

Maurice a exercé ses talents journalistiques en tant que rédacteur en chef du Drapeau Rouge du temps de sa parution quotidienne dans la presse d'opinion.

Le Bureau Politique rappelle l'époque où la revue de la presse de la RTBF commentait journellement le Drapeau Rouge et « Les éditos de Maurice Magis » dans lesquels il exprimait son sens de l'analyse et sa connaissance des affaires internationales qu'il affirmait également dans son mandat de porte-parole du Parti.

Au delà de divergences politiques, ce sont ces qualités que le Bureau Politique retient avant tout de Maurice Magis dont le décès ravive le souvenir de tant de militants communistes de grande valeur.

Liège, le 2 décembre 2018. 

Le Bureau Politique du parti Communiste de Belgique.

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Manifestation pour le climat : position du Parti Communiste de Belgique

La mobilisation de ce dimanche 2 décembre à Bruxelles dans le cadre de manifestation pour le climat révèle une nouvelle fois la prise de conscience populaire de l'enjeu climatique pour l'avenir de l'humanité.

Le PCB considère cependant que l'appel qui se veut rassembleur - claim for the climate - cache les véritables enjeux pour les travailleurs et la population. Il est hors de question pour le PCB que cette manifestation serve de caution au gouvernement MR-N-VA-VLD-CD&V (cf. l'appel de la ministre Marghem) et à l'Union Européenne pour défendre à la COP 24 une position à l'opposé de nos intérêts de classe. De même, nous considérons que la COP 24 sera une nouvelle fois un sommet de bonnes intentions qui camouflera les conflits inter-impérialistes.

Le PCB continuera ainsi à lutter contre les monopoles de l'énergie et exige la fermeture des vieux réacteurs nucléaires. Nous continuons à dénoncer également les politiques d'agression contre les services publics, notamment de transport, par notre gouvernement fédéral depuis des décennies qui suit la politique capitaliste coordonnée au niveau européen. Nous nous opposons aux directives européennes qui liquident le rail belge (frêt et passager), les directives de libéralisation de l'énergie et le TSCG, traité qui impose l'austérité aux travailleurs pour mieux liquider leurs droits et leur faire ensuite porter le poids d'une pseudo transition écologique. Ce n'est pas d'une fiscalité régressive et punitive qui attaque la classe ouvrière dont le peuple a besoin mais d'une politique qui s'attaque aux responsables de la pollution, les entreprises et multinationales qui courent après le profit maximum.

En somme, nous pointons le caractère exploiteur du capitalisme qui épuise deux choses, le travailleur et la nature.

Le PCB estime enfin qu'il est plus que jamais nécessaire de lutter contre l'impérialisme et pour le socialisme et une planification socialiste de l'économie afin de répondre aux enjeux climatiques.

 

Bruxelles, le 2 décembre 2018 

Le Bureau Politique du PCB

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Appel de la 20e rencontre internationale des Partis Communistes et Ouvriers

La 20e Rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers (RIPCO) s'est tenue du 23 au 25 novembre 2018 à Athènes, à l'invitation du KKE, qui célèbre les 100 ans de son parcours historique.

Lors de la rencontre sous le thème de : "La classe ouvrière contemporaine et son alliance. Les tâches de son avant-garde politique - les partis communiste et ouvrier, dans la lutte contre l'exploitation et les guerres impérialistes, pour les droits des travailleurs et des peuples, pour la paix, pour le socialisme ", 90 partis communistes et ouvriers de 73 pays ont participé, représentant tous les continents.

Les représentants des partis ont discuté des évolutions aux niveaux international, régional et national, échangé des idées sur l'expérience acquise de la lutte des partis communistes et ouvriers dans leurs pays, les actions communes et convergentes développées pendant la période précédente, les luttes de classe dans leurs pays, leurs efforts pour promouvoir l'alliance de la classe ouvrière avec d'autres couches populaires et anti-monopolistiques.

Ils ont discuté des tâches pour le renforcement de la lutte communiste, le développement des luttes de la classe ouvrière et des autres couches populaires pour les droits des travailleurs, du peuple, de la jeunesse, en conflit avec les monopoles, le pouvoir du capital et l'exploitation et l'oppression capitalistes.

Les contributions des partis communistes et ouvriers ont mis en évidence le caractère exploiteur, prédateur et inhumain du capitalisme. Il a été noté que les contradictions et la concurrence des États et des alliances capitalistes s'aiguisent de manière multiforme sur le terrain de la crise ou de la croissance capitaliste ; que le processus de réalignement des forces avance au niveau international.

L'ingérence impérialiste, les blocus et les interventions se poursuivent. Il y a encore des guerres en cours, comme en Syrie, au Yémen, en Libye, ainsi qu'en Azerbaïdjan. La guerre fratricide en Ukraine continue sous la responsabilité du régime anti-populaire de Kiev. Les armements militaires et les préparatifs de guerre s'intensifient.

Les partis communistes et ouvriers saluent les luttes des travailleurs et des peuples du monde entier contre l'offensive de l'impérialisme, contre l'occupation, contre toute menace aux droits souverains et à l'indépendance nationale, pour la paix, pour la défense et l'extension des droits sociaux et démocratiques. L'expérience acquise dans de nombreux pays lors des luttes contre les plans et la ligne politique impérialistes des États-Unis, de l'OTAN, de l'UE et de leurs alliés est précieuse.

L'aiguisement des contradictions implique le risque de nouvelles guerres impérialistes, pour le contrôle des ressources productrices de richesses, des marchés et des pipelines d'énergie ; ce risque impose de sérieuses tâches au mouvement ouvrier et aux communistes pour renforcer une large lutte anti-impérialiste pour la paix et le désarmement, l'intensification de la lutte contre la ligne politique des gouvernements bourgeois qui sert la rentabilité du grand capital ainsi que les agressions et guerres impérialistes.

Ces évolutions soulignent que la lutte pour la paix, le désarmement, le respect de la souveraineté populaire, pour la solution des problèmes du peuple et la satisfaction de ses besoins est inextricablement liée à la lutte pour la chute de la barbarie capitaliste, pour le socialisme.

Les partis communistes et ouvriers ont évalué positivement les initiatives prises en 2017 à l'occasion du 100e anniversaire de la Révolution socialiste d'octobre et en 2018 pour le 200e anniversaire de la naissance de Karl Marx, contribuant à la défense de la contribution de l'Union soviétique, du socialisme, qui est la seule issue à l'exploitation capitaliste.

Ils ont réaffirmé leur solidarité internationaliste avec les peuples syrien, palestinien, chypriote ; avec les peuples du Liban, du Soudan, de Cuba socialiste, du Venezuela, du Brésil, de l'Iran, avec tous les peuples confrontés à des attaques et menaces impérialistes.

Ils ont condamné l'anticommunisme et l'atteinte aux droits et libertés démocratiques et ont exprimé leur plein soutien aux communistes persécutés en Pologne, en Ukraine, au Soudan, au Kazakhstan, au Pakistan ainsi qu'aux communistes confrontés à des processus juridiques et politiques en Russie, en Transnistrie et ailleurs.

Il a été souligné qu'en 2019 il y aura plusieurs commémorations importantes comme le 100e anniversaire de la fondation de l'Internationale communiste, les 70 ans de la Révolution chinoise ainsi que les 60 ans de la Révolution cubaine. Ces anniversaires pourraient être utilisés pour renforcer l'internationalisme prolétarien ; pour défendre l'histoire et la contribution du mouvement communiste aux acquis populaires, à la lutte pour le progrès, à l'émancipation sociale des travailleurs et des peuples par opposition à la falsification et à la déformation de la vérité historique et à l'identification du communisme aux atrocités fascistes.

Les partis communistes et ouvriers ont exprimé leur solidarité avec les réfugiés et les immigrés. Ils ont condamné le racisme, les dangereuses forces fascistes d'extrême droite qui découlent du système d'exploitation et qui sont dirigées contre les peuples.

Au cours de la 20e RIPCO, une série de déclarations de solidarité avec la lutte des peuples dans de nombreuses parties du monde ont été publiées.

Les partis communiste et ouvrier appellent au développement d'actions communes et convergentes au cours de la prochaine période selon plusieurs grands axes :

Contre la guerre impérialiste, les interventions et la militarisation.

Actions contre l'OTAN - dont le 70e anniversaire sera le 4 avril 2019 - et l'UE, dont la militarisation se poursuit avec PESCO et d'autres mécanismes. Contre les armes nucléaires et les bases militaires étrangères, en utilisant l'anniversaire de l'holocauste nucléaire à Hiroshima - Nagasaki (les 6 et 9 août) et les 80 ans depuis le début de la Seconde Guerre mondiale (le 1er septembre).

Défendre l'histoire du mouvement communiste et les valeurs de l'internationalisme prolétarien

Manifestations à multiples facettes pour le 100e anniversaire de l'Internationale communiste (le 2 mars), actions contre l'anticommunisme et contre les persécutions et interdictions des partis communistes et ouvriers. Utilisation du 102e anniversaire de la Révolution Socialiste d'Octobre pour mettre en lumière les réalisations du socialisme et approfondir la discussion théorique et l'action pratique contre le capitalisme et son caractère exploiteur, oppressif, agressif, prédateur et inhumain.

Renforcer la solidarité internationaliste avec les peuples en lutte, confrontés à l'occupation, aux menaces et aux interventions impérialistes.

Renforcer la solidarité et la lutte internationalistes en exigeant la fin du blocus américain contre Cuba ainsi que la fin des interventions et menaces contre le Venezuela bolivarien. Soutenir la lutte du peuple palestinien pour la fin de l'occupation et pour l'autodétermination, l'établissement d'un État national indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale, conformément aux résolutions de l'ONU, le soutien à la résistance du peuple palestinien et la condamnation de la politique criminelle d'Israël. Dénoncer les interventions impérialistes dans la péninsule coréenne et exprimer sa solidarité avec le peuple coréen pour une réunification indépendante et pacifique. Exprimer notre solidarité avec les réfugiés et avec tous les peuples confrontés aux occupations, aux interventions et aux blocus de l'impérialisme.

Solidarité de classe multiforme avec les luttes ouvrières pour les droits du travail, sociaux, syndicaux, contre l'offensive du capital.

Développement d'actions de lutte sur les lieux de travail et en particulier à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs le 1er mai, en soulignant le rôle d'avant-garde des communistes.

Pour les droits des femmes et l'émancipation

Développement d'actions de lutte le 8 mars, Journée internationale des femmes, pour défendre les droits des femmes et leur pleine égalité au travail et dans la vie.

Lutter pour les libertés politiques et syndicales et pour les droits démocratiques contre les forces fascistes, les régimes réactionnaires, le racisme et la xénophobie, le fanatisme religieux et l'oppression sociale.

Développement d'actions de lutte le jour de la victoire du peuple sur le fascisme-nazisme.

Développement d'actions pour la protection de l'environnement

Les participants ont remercié le Parti communiste de Grèce d'avoir accueilli avec succès cette rencontre.

 

 

Retrouvez les contributions des partis participants et les communiqués conjoints sur http://solidnet.org/meetings-and-statements/imcwp/20th-international-meeting-of-communist-and-workers-parties/

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Face aux mesures antipopulaires et le saccage de l'emploi, converger vers la grève générale

Le ministre libéral Jeholet poursuit sa politique de casse des services publics et des emplois dans le non-marchand en s’attaquant aux Aides à la Promotion de l’Emploi (APE). 3500 travailleurs sont menacés. Cela exige une réponse claire de tous les travailleurs. La chaîne humaine prévue ce jeudi 29 novembre à Namur est insuffisante pour répondre aux agressions du capital. Au contraire, une large résistance populaire est nécessaire pour contrer les politiques bourgeoises de Willy Borsus qui veut privatiser les aéroports, liquider les « titres-services », démanteler l’État (les provinces) et imposer une assurance-autonomie qui fera payer les travailleurs.

La prise de conscience de la paupérisation d’une partie de la population, que révèle le mouvement des « gilets jaunes », doit désormais se diriger contre les vrais responsables de la situation de crise que nous vivons : le système capitaliste. 

C’est pourquoi le Parti Communiste de Belgique appelle à la nécessaire convergence des luttes, gilets jaunes, gilets rouges, gilets verts et bleus, tous ensemble avec un plan d’actions pour faire reculer les politiques antipopulaires. Le PCB appelle ainsi les travailleurs à participer dynamiquement aux mouvements en cours, à la manifestation contre la réforme "APE" mais aussi aux actions syndicales du 14 décembre en poussant à la grève générale interprofessionnelle et en portant à chaque fois la revendication claire de la nécessité du socialisme, afin que le blocage des rues s'accompagne du blocage du profit capitaliste. Le PCB appuiera toutes les revendications d'augmentation des salaires et allocations, de revalorisation des pensions, de la reconstruction des Services Publics et d'une remise à niveau de la protection sociale. 

Namur, le 28 novembre 2018

Le bureau politique du PCB

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Contribution du Parti Communiste de Belgique à la 20e rencontre internationale des Partis Communistes et Ouvriers

La rencontre internationale annuelle des Partis Communistes et Ouvriers se déroulait durant 3 jours les 23-24 et 25 Novembre à Athènes. Elle fut suivie des célébrations du centenaire de nos hôtes, le Parti Communiste de Grèce, le KKE. Pour cette 20e réunion, le thème des discussions était "La classe ouvrière contemporaine et ses alliances. La tâche de son avant-garde politique - les Partis Communistes et Ouvriers - dans la lutte contre l'exploitation et les guerres impérialistes, pour les droits des travailleurs et des peuples, pour la paix, pour le socialisme." 91 partis de 73 pays étaient présents à cette rencontre.

"Chers et chères camarades,

Nous voulons premièrement remercier nos hôtes, le Parti Communiste de Grèce, pour son accueil fraternel. Nous lui transmettons nos félicitations pour ses cent ans de luttes pour l’émancipation de la classe ouvrière et le socialisme.

Camarades, la situation sociale en Belgique, à l’instar des autres pays européens, est catastrophique. Nous sommes actuellement confrontés au gouvernement le plus réactionnaire depuis 1945. Les agressions qu’il mène contre les droits des travailleurs dont le gel des salaires, la baisse des pensions, tout étant toujours plus généreux sur le plan fiscal avec les multinationales, s’inscrit dans les politiques impérialistes nationales coordonnées par la Commission Européenne. Comme partout la social-démocratie capitule devant les diktats de la Troïka en exerçant une influence négative démobilisant les syndicats et les travailleurs. L'imposition d'une personnalité juridique menace l'existence des syndicats, et l’introduction d’un « service minimum » remet fondamentalement en cause le droit de grève. Nous allons clairement à l'échelle mondiale à une confrontation ouverte et la bourgeoisie tente de criminaliser les mouvements sociaux. Nous rejetons les combats judiciaires dans lesquels veut nous entraîner la bourgeoisie car la justice est de classe.

 

Les attaques que nous subissons de manière progressive s’apparentent à celles vécues par la classe ouvrière du sud de l’Europe. La régression est évidente : 16% de la population vit actuellement sous le seuil de pauvreté et autant vit juste au-dessus de ce seuil (état de déprivation). Cette situation concerne surtout les jeunes, les personnes âgées ou les familles monoparentales. La pauvreté est visible via les restos du cœur dont la fréquentation mène souvent au statut de sans-abri. Même les gens qui travaillent ont de plus en plus de difficultés pour payer leur loyer, se soigner, se nourrir ou vivre décemment. Les mesures programmées pour les futures pensions ne feront qu'accélérer la précarité. Devant cette situation, le pouvoir légitime l’exclusion sociale par une criminalisation de la pauvreté associée à un appel à la dénonciation des abus sociaux qui frise l'inquisition. Pendant ce temps le nombre de millionnaires en dollars est passé de 60 à près de 120000 en dix ans, 220 milliards d'euros ont été placés à l'étranger en 2017, la vente de produits de luxe ne s'est jamais aussi bien portée et les entreprises cotées en bourse (Bel20) paient de moins en moins d'impôts. Notre volonté est plus ferme que jamais de mettre fin aux dividendes qui privent les travailleurs du fruit de leur travail et l’abolition du capitalisme et la création d’une société socialiste restent plus que jamais notre objectif.

Alors que les libéraux et l’extrême-droite nationaliste flamande sont au pouvoir au fédéral, les alliances résultant des élections communales récentes confirment l'orientation droitière de la social-démocratie (PS-Spa). Quant aux écologistes, opportunistes, qui se disent « ni de gauche-ni de droite » sont clairement des libéraux verts. L’extrême-droite, qui reste majoritaire en Flandre, ne peut être combattue qu’en luttant pour le socialisme et la politique de conciliation de classes porte en elle les germes du fascisme. Notre Parti a ainsi porté un programme révolutionnaire et a présenté des candidats dans certaines régions sur les listes du Parti du Travail de Belgique. Si ce dernier a nettement progressé, sa stratégie électorale le pousse à éluder certains sujets.

En ce qui concerne les alliances extérieures, nous entretenons des contacts réguliers avec nos partis frères du monde entier et en particulier les partis frontaliers (France, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas) et les camarades immigrés organisés en Belgique.

Même si nous constatons une certaine inertie de leur part sur le terrain des luttes, nous estimons nécessaire d'entretenir des relations avec les syndicats même réformistes dont la CGSLB liée aux libéraux, la CSC liée aux partis chrétiens et la FGTB plutôt liée au Parti Socialiste. Comme elle reconnait la lutte de classe dans ses statuts nous privilégions nos relations avec la FGTB avec qui nous partageons des objectifs communs. Nous entretenons des contacts avec des cadres, des militants actifs, dans certaines structures telles que le Comité exécutif, les comités des chômeurs, des pensionnés où nous poussons à la lutte. Nous considérons que les syndicats sont indispensables pour organiser les masses, orienter positivement les luttes et combattre le gauchisme. Nous défendons des syndicats de la classe ouvrière mais nous ne sommes pas à la remorque d'un syndicalisme de conciliation de classe et socio-démocrate. Nous entretenons également des relations avec le mouvement associatif dont le « RWLP » (lutte contre la pauvreté), « Tout autre chose », « Acteurs des temps présents », « D19-20 ».

Notre rôle en tant que PC est d'appuyer les luttes, de les guider en faisant comprendre que les revendications ne seront véritablement atteintes qu'en luttant pour le socialisme. Nous considérons que l'affaiblissement du mouvement ouvrier en Belgique est lié à la faiblesse du Parti Communiste qui n’arrive plus à peser et qui est due à plus de 40 ans d'une dérive réformiste. Notre priorité est de le reconstruire, de recruter, pour le renforcer. En 2012 notre Parti était moribond et nous avons empêché les liquidateurs de nous transformer en « mouvement ». Pour maintenir notre rôle, nous devons toujours nous battre contre le réformisme dans notre organisation. Nous faisons également notre autocritique sur notre passage pendant plusieurs années à l'eurocommunisme. Depuis la 1e session de notre Xe congrès le 30 juin 2018, nous avons pris des orientations pour travailler à l'unité de tous les travailleurs en Belgique en reprenant notre nom historique de Parti Communiste de Belgique, en maintenant notre symbole de l’unité de tous les travailleurs, la faucille et le marteau, et en quittant le Parti de la Gauche Européenne, abandonnant la vision la vision de l'Europe des régions. Nous élaborons actuellement un texte politique qui sera adopté par la 2e session du Congrès au printemps prochain. Nous voulons revenir aux fondamentaux du communisme. Parmi les priorités un groupe d’étude sera constitué pour consolider la formation idéologique de nos affiliés.

Enfin, camarades, une semaine après les célébrations bourgeoises de l’Armistice de la première guerre mondiale, nous défendons une autre vision de la paix, indissociable du socialisme. Cela passe par la sortie de l’OTAN et le refus d’une Europe de la Défense qui exportera guerre et misère. Notre parti soutient activement toutes les actions contre l’achat de nouveau matériel de guerre et la base américaine de Kleine Brogel qui entrepose un arsenal nucléaire dans la région. Nous devons cependant constater que le mouvement pour la paix s’est essoufflé ces dernières années et nous voulons le relancer.

Nous espérons que cette rencontre permettra le plus de convergences possibles.

À bas l'impérialisme, vive le socialisme, vive l'internationalisme prolétarien.

Merci pour votre attention."

 

Vous pouvez retrouver les contributions des autres délégations sur http://www.solidnet.org/meetings-and-statements/imcwp/20th-international-meeting-of-communist-and-workers-parties/

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Hommage à Zoé Blusztejn

 

Le PCB rend hommage à Zoé Blusztejn née le 17 février 1932 de parents d'origine juive qui avaient fui la misère et les persécutions racistes en Pologne.

 

Après les débuts d'une vie heureuse dans une famille soudée par ses convictions communistes et les difficultés que rencontraient les ouvriers de l'époque, Zoe et les siens furent à nouveau confrontés au racisme de l'odieuse ordonnance du 28 octobre 1940 dont le 1er chapitre est intitulé « définition de la notion : JUIF ». Appliquée avec la complicité de l'administration belge, cette ordonnance contribuera à la déportation de 30158 personnes dont seulement1650 survivront.

 

Après l'imposition infamante de porter l'étoile, cette ordonnance, qui va lui ravir une grande partie de sa famille dont son père, l'obligera de se cacher pour assurer son salut.

 

Après la guerre, Zoe retrouve Rosa, sa maman, et entame une vie militante dans les organisations de jeunesse du parti Communiste. Ce passage aux pionniers et à la Jeunesse communiste associé aux difficultés de son existence contribueront à doter Zoé d'une solide formation politique.

 

Son mariage en 1957 et la naissance de ses fils Jacqui et Pierre ne l'empêcheront pas de poursuivre une intense activité militante à la fédération du Brabant Wallon en participant aux luttes contre la fermeture des aciéries Henricot et des papeteries de Genval et Gastuche. Dans les années 70 ses qualités l'amèneront tout naturellement à devenir permanente au « 18-20 », le nouveau siège du parti à Bruxelles.

 

C'est là qu'elle assistera le secrétariat parlementaire et travaillera pour le Groupe d'Economistes Marxistes (GEM) et la Fondation Joseph Jacquemotte FJJ. Véritable boute-en-train, elle y révèlera ses qualités d'organisatrice qui lui vaudront d'être élue au comité central. Au début des années 80 elle s'installe à la Louvière où elle rejoint la Fédération du Centre. Tout en assurant le mandat de trésorière et l'animation du Club Achille Chavée, elle soutiendra les luttes qui découleront du saccage industriel de la région.

 

Au-delà, Zoé participera activement à la lutte pour le droit de vote des immigrés et elle soutiendra avec acharnement le combat légitime des femmes pour l'accès à la contraception et la dépénalisation de l'avortement.

 

Le Parti Communiste de Belgique salue en la personne de Zoé Blusztejn une femme de progrès qui nous quitte après l'accomplissement d'une vie remplie par ses justes convictions.

 

 

Liège, le 13 novembre 2018.

 

Le Bureau politique du Parti Communiste de Belgique

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