Contribution du PCB-CPB à la 21e RIPCO (IMCWP) à Izmir

 

Contribution du Parti Communiste de Belgique (PCB-CPB) à la 21e RIPCO – 18-20 octobre 2019 – Izmir

 « 100e Anniversaire de la fondation de l’Internationale Communiste – la lutte pour la paix et le socialisme continue »

 Chères et chers camarades,

 Nous voulons tout d’abord, au nom du Parti Communiste de Belgique, saluer nos hôtes, le Parti Communiste de Turquie, pour son accueil fraternel, dans une situation politique tendue qui rend encore davantage nécessaire l’organisation d’une telle conférence mondiale des Partis Communistes et Ouvriers avec pour thème « la lutte pour la paix et le socialisme continue ».

Le caractère indissociable de la lutte pour la paix et le socialisme est un point que nous avons réaffirmé lors de notre 36e Congrès commencé le 30 juin 2018 et terminé le 16 avril 2019. Notre Congrès est le fruit d’un long cheminement de reconstruction du Parti Communiste de Belgique après des années de tentatives de liquidation et une ligne « eurocommuniste » et réformiste, avec l’appartenance au Parti de la Gauche Européenne que nous avons quitté.

Nous estimons que la question européenne est actuellement centrale. L’UE est présentée de manière mensongère comme vecteur de paix, de stabilité et de progrès. Les communistes doivent se rappeler le rôle criminel de l’UE en Yougoslavie il y a 20 ans. Aujourd’hui, le caractère impérialiste de l’UE n’a pas changé et nous continuons à nous opposer à la création d’une Armée européenne qui a été précédée par l’activation de la Coopération structurée permanente (PESCO) en 2017 et la création d’un Fonds européen de la défense, doté de plusieurs milliards d’euros et créé la même année. Cette prétendue « Europe de la Défense » a pour but de mieux défendre ses multinationales et les intérêts néocoloniaux de pays de l’UE et ne servira qu’à exporter guerre et misère. Il est clair qu’un impérialisme estampillé UE n’est en rien préférable à un impérialisme estampillé US. Certains ont prétendu tenir un discours antiimpérialiste en rejetant l’achat d’avions de guerre étasunien au profit de matériel français ou suédois. Nous affirmons que n’avons pas à choisir entre deux impérialismes et nous opposons à tout achat de matériel

De ses origines à aujourd’hui, l’Union européenne a affiché une implacable cohérence dans sa défense du système capitaliste, au travers de ses institutions et de leurs choix économiques, politiques et culturels. Elle est en effet depuis sa création une alliance impérialiste interétatique qui exprime et sert les intérêts des groupes monopolistes contre la classe ouvrière, les petits agriculteurs et d'autres couches populaires. Dans certaines régions du pays, il y a près de 30% de chômage et 37% de gens vivant sous le seuil de pauvreté.

Ces politiques antipopulaires et antiouvrières ont été renforcées par l’adoption en 2012 du TSCG qui est avant tout est un instrument de contrôle des budgets nationaux par la Commission européenne qui peut exercer sur ceux-ci un droit de veto quant à leur approbation. C’est un levier politique pour couper dans les dépenses sociales et installer durablement des politiques d’austérité. Celles-ci sont le terreau du fascisme qui renaît partout avec le soutien du grand capital. 

L’Union Européenne tente vainement de faire croire qu’elle combat le fascisme alors que celui-ci est l’émanation du système capitaliste. La dernière résolution du Parlement Européen adoptée le 19 septembre sur L'importance de la mémoire européenne pour le futur de l’Europe qui assimile fascisme et communisme, attaque principalement le communisme pour mieux disculper le fascisme. Ce vote est une véritable insulte à la résistance et à la contribution décisive de l’Union soviétique pendant la seconde guerre contre la barbarie nazie.

Cette résolution révisionniste démontre clairement que l’idéologie officielle de l’Union Européenne est l’anticommunisme parce le capitalisme en crise cherche à gommer la seule alternative au marché qu’est le socialisme/communisme. Ce vote a montré la nécessaire unité du mouvement communiste et le nécessaire Internationalisme prolétarien tel qu’il a pu s’exprimer lors de la manifestation de ce mercredi 16 octobre sur la place du Luxembourg à Bruxelles, devant le parlement européen.

Les procès et la répression que subissent nos camarades, entre autres de Pologne, ne sont pas sans rappeler le procès pour « complot contre l’État » qu’ont subi les fondateurs du Parti Communiste de Belgique dès 1923. Parmi les accusés, Joseph Jacquemotte, un des fondateurs du Parti.

Ce vote a également clairement montré que les sociaux-démocrates n’ont pas changé leur nature de classe, d’être du côté du capital et des monopoles. C’est ce qu’avait compris Joseph Jacquemotte : on ne peut transformer de l’intérieur un parti social-démocrate en un parti révolutionnaire. Par conséquent son groupe d’opposition de gauche au sein du P.O.B., « les amis de l’Exploité », à l’appel de l’Internationale Communiste, fusionna le 4 septembre 1921 avec le petit parti communiste de War van Overstraeten. De cette fusion naquit le Parti Communiste de Belgique. Cent ans après la fondation de l’Internationale Communiste, cette date résonne pour les communistes de Belgique. Si la ligne des fronts populaires a permis de conquérir des droits pour la classe ouvrière et a permis à l’Union soviétique de gagner du temps pour se préparer, aujourd’hui, le vote des sociaux-démocrates montrent qu’il ne peut plus y avoir que la ligne classe contre classe.

Cela passe par le renforcement d'un syndicat de classe et de masse. C'est sur cette base que nous travaillons à l'intérieur de la FGTB, organisation issue de la fusion au sortir de la seconde guerre des syndicats socialistes et communistes, pour son affiliation à la Fédération Syndicale Mondiale. Nous luttons également pour le retrait de la FGTB de la CES, outil de collaboration de classe avec l'Union Européenne et le capital.

La question européenne est donc bien centrale. Cependant si cette construction impérialiste est irréformable, nous ne partageons pas davantage l'illusion que le retrait de l'UE et/ou de l'OTAN pour un retour à l'État national bourgeois, à lui seul, pourrait être un pas, un tremplin ou une étape des changements et ruptures radicaux. Pour cela, il faut relier l'exigence de retrait nécessaire de l'UE/Euro/OTAN à la lutte pour le socialisme.

C’est sur ces positions que nous avons mené campagne lors des dernières élections fédérale, régionale et européenne du mois de mai 2019, que ce soit sur des listes propres ou en présentant des candidats sur les listes du PTB. Sur notre programme, nos candidats ont recueilli plus de 10000 suffrages, uniquement dans le sud du pays. Nous reconstruisons le parti dans le nord du pays après la décision de notre 36e congrès de redevenir un parti national.

Le texte de notre Congrès doit servir à nous renforcer idéologiquement pour renforcer le parti et la conscience de classe. Nous nous attelons à la construction d’un front antifasciste, anticapitaliste, antiimpérialiste pour le socialisme et la paix.

Nous nous opposons ainsi à l’envoi de soldats belges à l’étranger comme nous exigeons le retrait des forces belges en soutien à l’impérialisme français au Mali ou en soutien à l’OTAN en Afghanistan. Nous exigeons la fermeture de la base nucléaire de Kleine Brogel (où les USA stockent des bombes nucléaires) et le retrait de la Belgique de l’OTAN.

Nous condamnons l’agression de la Turquie et de l’OTAN contre la Syrie et exprimons notre solidarité avec les peuples de Syrie et de Turquie. Une rencontre comme celle de cette fin de semaine à Izmir doit montrer au reste du monde l’unité du mouvement communiste international.

Vive l’Internationalisme prolétarien, Vive le marxisme-léninisme.

 

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